
édition 2026

Le 28 mai 2026, l’écrivaine française Marie-Hélène Lafon a rencontré le public à Instytut Kultury Miejskiej à Gdańsk. Organisée dans le cadre du programme FLEvolution, la discussion, animée par Bénédicte Mezeix-Rytwiński , a donné à voir les coulisses de son travail littéraire.
Enseignante depuis 1984, Marie-Hélène Lafon a commencé à écrire en 1996. Depuis, elle mène de front ces deux métiers, qu’elle relie par une même passion : la langue. Elle a évoqué l’influence déterminante de Pierre Michon, Richard Millet et Pierre Bergounioux, dont les livres l’ont encouragée à prendre l’écriture au sérieux. Dans ses romans, le paysage n’est jamais un simple décor. Il façonne les personnages et participe pleinement au récit. Les lieux, les maisons, les animaux et les êtres humains forment ce que l’autrice décrit comme un « corps de pays », nourri notamment par ses origines paysannes. Pour écrire, Marie-Hélène Lafon ne suit pas de méthode fixe et ne prend pas de notes. Elle laisse les idées mûrir, puis retravaille ses textes en les lisant à voix haute, attentive au rythme et à la sonorité des phrases. « Une empoignade avec le matériau verbal », résume-t-elle. La rencontre a aussi permis d’évoquer Nos vies : Gordana, l’un des personnages du roman, lui a été inspirée par une caissière croisée dans un supermarché. Fidèle à cette attention au quotidien, l’écrivaine revendique enfin son indépendance face aux attentes du marché éditorial et son choix de ne pas édulcorer les sujets difficiles.
La rencontre a été suivie de la projection du film Visages, villages (2017), réalisé par Agnès Varda et JR.
Marie-Hélène Lafon : écrire, « C’est de l’empoignade avec le matériau verbal »


Le 29 mai 2026, à la Bibliothèque de l’Université de Gdańsk, Doris Eibl a animé une rencontre avec l’écrivaine Marie-Hélène Lafon. L’échange a porté sur son œuvre, ses origines paysannes et la place de la mémoire dans son écriture. L’autrice a expliqué qu’elle cherche à faire entendre les voix de personnages ordinaires, souvent empêchés de parler, et à représenter leur quotidien sans idéaliser le monde rural.
Marie-Hélène Lafon a aussi évoqué l’importance des sensations, de la langue et de la lecture à voix haute dans son travail. Elle a parlé de la façon dont ses souvenirs et des personnes réelles nourrissent ses romans, tout en soulignant la responsabilité de l’écrivaine envers ceux qui l’inspirent. Elle a également évoqué la tension entre ses origines rurales et sa vie à Paris. La rencontre s’est conclue par des questions du public et un échange autour de son parcours et de ses lectures.
édition 2025

La rencontre avec Brigitte Giraud, animée par Bénédicte Mezeix-Rytwiński dans le cadre du projet FLEvolution, était consacrée à Vivre vite. L’autrice y a évoqué la mort accidentelle de son mari, Claude, en 1999, et le travail d’écriture qui lui a permis de revenir sur cet événement. La structure du livre, marquée par la répétition de « si », ouvre une réflexion sur le hasard, les choix, le destin et la culpabilité.
Au cours de l’échange, Brigitte Giraud a parlé de son expérience du deuil et de la difficulté à retrouver l’écriture après cette perte. Elle a également abordé la traduction de son livre, l’importance du rythme et de la musique dans son travail, ainsi que ses réflexions sur le corps et le vieillissement.
La rencontre a eu lieu le 22 mai 2025 ànstytut Kultury Miejskiej à Gdańsk Elle a été suivie de la projection du film Les Années Super 8, réalisé par Annie Ernaux et David Ernaux-Briot.
FLEvolution 2025 Brigitte Giraud : un livre, une écriture c’est une question de temps


La rencontre avec Brigitte Giraud à la bibliothèque de l’Université de Gdańsk s’est tenue le 23 mai 2025. Animée par Doris Eibl et Bénédicte Mézeix-Rytwiński, elle a permis d’aborder plusieurs aspects de l’œuvre et du parcours de l’écrivaine, notamment à partir de ses livres Avoir un corps et L’amour est très surestimé.
Dans Avoir un corps, Brigitte Giraud s’intéresse aux transformations physiques et intimes qui accompagnent les différentes étapes de la vie : l’enfance, la maternité, le travail et le vieillissement. Le corps y apparaît à la fois comme une expérience personnelle et comme un lieu soumis aux regards et aux normes sociales. L’autrice a évoqué la manière dont elle observe les gestes ordinaires et les sensations pour nourrir son écriture. Sa démarche, très visuelle et sensorielle, part souvent de détails concrets de la vie quotidienne.
Les échanges ont également porté sur L’amour est très surestimé, un recueil qui aborde le couple, les séparations et les non-dits. Brigitte Giraud a souligné son intérêt pour les situations banales et les petits arrangements amoureux, qui révèlent parfois les tensions ou les changements dans une relation. Elle a expliqué qu’elle privilégie une langue simple et précise, attentive aux silences autant qu’aux paroles.
L’écrivaine a aussi parlé de son parcours personnel, notamment de son ancienne pratique de la gymnastique, qu’elle a rapprochée de la discipline et de la rigueur nécessaires à l’écriture. La discussion a enfin évoqué l’importance des lieux dans ses récits, ainsi que la diversité de ses influences littéraires.
édition 2024

Le 9 mai 2024 à Instytut Kultury Miejskiej à Gdańsk a accueilli une rencontre avec Philippe Claudel, écrivain, réalisateur et président de l’Académie Goncourt. Organisée dans le cadre du projet FLEvolution , elle était animée par Bénédicte Mezeix-Rytwiński et s’est poursuivie par la projection du film de l’auteur Une enfance (2015).
Au cours de l’entretien, Claudel a évoqué sa manière d’observer la société et de la transformer en matière littéraire. Il a décrit l’écriture comme une forme d’« autopsie du vivant » : l’écrivain examine les comportements et les relations humaines afin d’en faire apparaître les mécanismes, les contradictions et parfois les aspects les plus dérangeants. Cette démarche repose sur une observation attentive du quotidien, mais aussi sur une certaine distance, qui permet de révéler ce qui se dissimule derrière les apparences.
La discussion a notamment porté sur Inhumaines, ouvrage dans lequel l’auteur recourt à l’exagération et à l’humour noir. En déformant certains traits de la société contemporaine, il invite le lecteur à réfléchir aux dérives du monde actuel et à la liberté d’expression. Claudel a également comparé la construction d’un roman à une partie d’échecs : les personnages occupent des positions précises et leurs choix font apparaître des rapports de force et des rôles sociaux.
La rencontre a aussi permis d’aborder le cinéma de Claudel. Dans Une enfance, le spectateur suit Jimmy, un jeune garçon confronté à un environnement familial et social difficile. Le réalisateur a expliqué que le film cherche à attirer l’attention sur des personnes et des situations souvent ignorées ou tenues à l’écart du regard collectif. Le point de vue de l’enfant donne au récit une dimension particulièrement sensible et met en évidence sa vulnérabilité.
L’échange a ainsi présenté Philippe Claudel comme un créateur qui explore, par la littérature comme par le cinéma, les zones inconfortables de la réalité. Ses œuvres invitent à regarder autrement les comportements individuels et les problèmes sociaux, et à interroger la responsabilité de la société envers les plus fragiles.
Philippe Claudel : un scalpel pour écrire son œuvre “d’autopsie du vivant”


Le 10 mai 2024, Philippe Claudel a rencontré le public à l’Université de Gdańsk dans le cadre du projet FLEvolution. L’entretien, animé par Doris Eibl, de l’Université d’Innsbruck, a réuni étudiants, enseignants et lycéens. Sylvie Gouttebaron a présenté l’écrivain et son œuvre avant le début de la discussion.
Philippe Claudel a parlé de l’évolution du roman contemporain, où les formes classiques côtoient des textes hybrides mêlant fiction, autobiographie et essai. Selon lui, ces formes nouvelles permettent de mieux représenter un monde instable et complexe.
L’échange a surtout porté sur Crépuscule. Dans ce roman, l’auteur mêle intrigue policière, conte et critique sociale. Il a expliqué qu’il recourt à l’exagération, comme à un miroir déformant, pour rendre visibles les défauts et les violences de la société. L’histoire montre aussi comment le pouvoir peut manipuler les faits et fabriquer une « vérité » utile à ses intérêts, notamment en désignant une communauté comme coupable.
Claudel a également évoqué le contraste entre la beauté indifférente de la nature et la violence des êtres humains. En commentant un extrait du livre, il a souligné comment des personnes ordinaires peuvent être entraînées dans la violence collective ou choisir de détourner le regard.
La rencontre a ainsi mis en lumière les thèmes majeurs de son œuvre : la manipulation, les abus de pouvoir et la responsabilité individuelle. Elle a aussi rappelé l’importance de questionner les discours officiels et de distinguer les faits des opinions.







































































































































































